Point sur les infections associées aux soins (IAS) : causes, risques et prévention

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En France, on parle d’une infection associée aux soins (IAS) lorsqu’une infection survient au cours ou au décours d’une prise en charge (diagnostique, thérapeutique, préventive, palliative ou éducative) et qu’elle n’était ni présente ni en incubation au début des soins. Lorsqu’elle est contractée à l’hôpital, on parle d’infection nosocomiale.1 Les IAS menacent la sécurité des patients, mais aussi celle des soignants et des visiteurs.

En 2022, 5,71 % des patients hospitalisés présentaient au moins une infection nosocomiale (1 patient sur 18).2

Autour de 4 000 décès par an seraient imputables aux infections nosocomiales en France.3

Les IAS coûtent 2 à 6 milliards d’euros par an au système de santé français.4

Les IAS ont un impact significatif sur les patients et leurs familles.

Les IAS augmentent la résistance aux antimicrobiens.

En établissements de santé, les catégories les plus fréquentes sont les infections urinaires, les pneumonies, les infections sur site opératoire, puis les bactériémies.5

Les quatre agents les plus retrouvés en France sont6 :

  • Escherichia coli (22 %)
  • Staphylococcus aureus (12 %) ou « staphylocoque doré »
  • Enterococcus faecalis (7 %)
  • Pseudomonas aeruginosa (7 %)

Interventions médicales

Les IAS peuvent survenir directement à la suite d’actes médicaux ou chirurgicaux. Par exemple, lors de la pose de cathéters, de voies intraveineuses, de la ventilation mécanique ou à travers les plaies opératoires.7

Environnements de soins contaminés

Des protocoles de nettoyage et de désinfection inadaptés favorisent la persistance de pathogènes sur les surfaces et équipements médicaux, qui deviennent alors des sources de transmission.

Transmission par les soignants

Une hygiène des mains insuffisante ou une mauvaise utilisation des équipements de protection individuelle (EPI) peuvent entraîner des contaminations croisées entre patients.7

Vulnérabilité des patients

Les personnes immunodéprimées (âge, maladie, traitements lourds) sont plus vulnérables face aux infections. Les séjours hospitaliers prolongés et le recours fréquent aux antibiotiques renforcent également cette susceptibilité.

  • Contact direct : entre patients, soignants ou via des surfaces souillées.
  • Dispositifs médicaux : par l’intermédiaire de dispositifs réutilisables tels que les sondes d’échographie endocavitaires ou les endoscopes.
  • Voie oro-fécale : notamment pour les infections dues à Clostridioides difficile.
  • Voie aérienne : en particulier dans les espaces mal ventilés.

Les IAS sont responsables de septicémies, de défaillances d’organes, et d’une surmortalité.

Les IAS génèrent des surcoûts qui varient de 500€ pour des infections urinaires à 40 000€ pour les bactériémies sévères en réanimation. Les surcoûts sont essentiellement liés à la prolongation des hospitalisations.8

Les IAS s’inscrivent dans un contexte de résistance bactérienne croissante, facteur de complications et de coûts.

La prévention repose sur un socle de précautions standard (hygiène des mains, EPI, gestion des expositions) et de procédures de nettoyage et désinfection robustes, adaptées aux risques.

Comment bien choisir son désinfectant pour lutter contre les IAS ?

Efficacité sporicide

Assurez-vous que votre désinfectant est efficace contre les spores bactériennes. Un moyen simple de le vérifier : il passe les normes EN 17126 et EN 17846, sur les souches C. diff, B. subtilis et B. cereus.

Simplicité d’emploi

Un seul taux de dilution et un seul temps de contact réduisent les erreurs d’utilisation et améliorent l’adhérence aux protocoles.

Alignement réglementaire et recommandations

Harmonisez vos procédures (nettoyage, désinfection, traçabilité) avec les référentiels nationaux (SF2H, HAS, CPias/Répias).

Choisir un désinfectant chimique répondant à ces critères permet de réduire le risque de propagation des infections associées aux soins, de protéger les patients, les soignants ainsi que l’ensemble de la communauté.

Vous souhaitez améliorer vos protocoles de désinfection pour lutter contre les IAS ? Contactez-nous !

Références:

1. Ministère de la Santé et de la Prévention. (2025). Infections associées aux soins : Questions-réponses. Santé et maladies – Prises en charge spécialisées. https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/article/infections-associees-aux-soins-questions-reponses

2. Haute Autorité de Santé. (2025). Infections associées aux soins – Fiche pédagogique. HAS. https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2023/infections-nosocomiales-et-traitements-anti-infectieux-en-etablissements-de-sante-resultats-de-l-enquete-nationale-de-prevalence-2022

3. Santé publique France. (2023, 26 mai). Résultats de l’enquête nationale de prévalence 2022 [Communiqué de presse]. Santé publique France. https://www.frm.org/fr/maladies/recherches-maladies-infectieuses/infections-nosocomiales/focus-les-infections-nosocomiales

4. Piednoir, E. (2022, 4 mai). Impact médico-économique des infections du site opératoire et des infections liées aux cathéters [Présentation]. Journée régionale Bretagne, CPias Bretagne, CHU Rennes. https://cpiasbretagne.chu-rennes.fr/CPias-Bretagne/pdf/Journees_thematiques/Journee_ES2022-0504/3_E.Piednoir_ISO_Cout_2022-0504.pdf

5. Haute Autorité de Santé. (2024, décembre). Fiche pédagogique 6 cycle – Prévention des infections associées aux soins. HAS. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-01/fiche_pedagogique_6e_cycle_prevention_ias.pdf

6. Ministère de la Santé et de la Prévention. (2025, 14 mai). Infections associées aux soins : Questions-réponses. Santé et maladies – Prises en charge spécialisées. https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/article/infections-associees-aux-soins-questions-reponses

7. NHS England. (n.d.). Healthcare-associated infections. Retrieved August 20, 2025, from https://www.england.nhs.uk/patient-safety/healthcare-associated-infections/

8. Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (OPEPS). (2006, 22 juin). Prévenir les infections nosocomiales : une exigence de qualité des soins hospitaliers (Rapport n° 421). Sénat. https://www.senat.fr/rap/r05-421/r05-42113.html