
La désinfection des dispositifs médicaux réutilisables, tels que les sondes d’échographie endovaginales, représente une étape essentielle dans la prévention des infections associées aux soins (IAS).
Devant la multiplicité des solutions disponibles sur le marché, le choix peut s’avérer complexe : quelles méthodes privilégier ? Sont-elles réellement efficaces pour prévenir les infections croisées ? Et sur quels critères baser leur évaluation ?
Cet article fait le point sur les éléments clés à considérer pour choisir une solution de désinfection adaptée et efficace pour les sondes endovaginales.
Quel niveau de désinfection ?
Selon la classification internationale de Spaulding, les sondes endovaginales sont considérées comme des dispositifs semi-critiques. Comme ces dispositifs entrent directement en contact avec des muqueuses, ils doivent être soumis à une désinfection de haut niveau après chaque utilisation afin de prévenir tout risque de transmission d’infection au patient suivant et de garantir la sécurité du technicien lors de l’intervention.
| CATÉGORIE | CONTACT | DISPOSITIF | NIVEAU DE DÉSINFECTION REQUIS |
|---|---|---|---|
| CRITIQUE | En contact avec du sang ou des tissus stériles | Instruments chirurgicaux comme des scalpels, pinces, ciseaux, clamps | Stérilisation |
| SEMI-CRITIQUE | En contact avec des muqueuses ou une peau non intacte | Sondes échographiques endocavitaires et endoscopes | Désinfection de haut niveau |
| NON-CRITIQUE | En contact avec une peau intacte | Sondes échographiques abdominales Stéthoscopes et brassards de tension artérielle | Désinfection de niveau intermédiaire Désinfection de bas niveau |
Quelles normes en France ?
En France, l’évaluation de l’efficacité des désinfectants utilisés pour les sondes endovaginales s’appuie sur le référentiel européen EN 14885, qui définit les méthodes d’essai permettant de mesurer l’activité antimicrobienne des produits vis-à-vis de différents micro-organismes.
Les recommandations nationales de la Société Française d’Hygiène Hospitalière (SF2H) préconisent que les sondes endocavitaires utilisées avec une gaine soit désinfectées à l’aide d’un désinfectant conforme aux normes suivantes :
| EFFICACITÉ | NORMES |
|---|---|
| Bactéricide | EN 13727, EN 14561, EN 16615 (en cas d’essuyage) |
| Levuricide (Candida albicans) | EN 13624, EN 14562, EN 16615 (en cas d’essuyage) |
| Fongicide (Candida albicans, Aspergillus niger) | EN 13624, EN 14562 |
| Virucide (virus nus et enveloppés) | EN 14476, EN 17111 |
| Mycobactéricide (Mycobacterium terrae, Mycobacterium avium) | EN 14348, EN 14563 |
Ces recommandations visent à garantir un niveau de désinfection adapté au risque infectieux lié à l’utilisation des sondes endovaginales et à la sécurité des patients.
Il est également important de souligner que l’utilisation d’une gaine ne garantit pas une protection totale. Selon les recommandations de la Society for Maternal-Fetal Medicine (SMFM), certaines gaines échographiques disponibles sur le marché présentent des taux de fuite allant de 8 % à 81 % et ne peuvent donc être considérées comme une barrière réellement efficace contre la transmission d’infections, en particulier virales. Ceci renforce d’autant plus la nécessité de procéder à une désinfection systématique des sondes endovaginales après chaque utilisation, y compris lorsqu’une gaine a été employée.
Quelle réduction logarithmique ?

Les résultats de tests EN sont exprimés en réduction logarithmique (« log10 »), c’est-à-dire en diminution du nombre de micro-organismes viables après traitement. Par exemple :
Une réduction de 4 log10 équivaut à une élimination de 99,99 %.
Une réduction de 5 log10 correspond à une élimination de 99,999 % des micro-organismes.
Pour se revendiquer conforme à la norme EN 14885, un désinfectant doit démontrer une réduction logarithmique minimale pour chaque famille de micro-organisme :
- ≥ 5 log10 pour les bactéries,
- ≥ 4 log10 pour les champignons, levures, virus, mycobactéries et spores.
Ces niveaux de performance correspondent aux exigences minimales d’activité biocide nécessaires pour réduire efficacement le risque de contamination croisée.
Quels temps de contact ?

L’efficacité d’un désinfectant dépend également du respect du temps de contact, c’est-à-dire de la durée pendant laquelle la surface traitée reste humide avec le produit. Une évaporation trop rapide, avant la fin du temps de contact indiqué sur la fiche technique du fabricant, compromet l’action antimicrobienne et conduit à une désinfection incomplète.
Ainsi, si un désinfectant s’évapore avant la fin du temps requis, il doit être réappliqué afin d’atteindre le niveau d’efficacité microbiologique démontré dans le dossier normatif du produit. L’utilisateur doit dès lors veiller à respecter le temps de contact recommandé par le fabricant du désinfectant pour garantir son efficacité complète.
Papillomavirus humain (HPV) ?

Le papillomavirus humain (HPV) est un virus nu hautement résistant et oncogène, impliqué dans :
- 90 % des cancers du col de l’utérus et de l’anus,
- 70 % des cancers du vagin, de la vulve et de l’oropharynx.
Le HPV peut survivre jusqu’à 7 jours sur des surfaces, y compris sur les sondes d’échographie endovaginales. Il est donc essentiel de choisir un désinfectant dont l’efficacité a été démontrée spécifiquement contre les souches oncogènes du HPV (notamment les HPV 16 et 18 qui constituent les principaux types responsables des cancers du col de l’utérus).
Attention : certains produits revendiquent une efficacité « virucide » sur la base de tests réalisés avec le polyomavirus SV40. Ce dernier n’est qu’un virus modèle, utilisé à défaut dans certaines méthodes d’essai, mais ne présente pas la même résistance ni les mêmes caractéristiques que le HPV. Il ne peut donc pas être considéré comme une preuve d’efficacité réelle contre le virus du HPV.
Conclusion

La désinfection des sondes endovaginales constitue un enjeu majeur de sécurité des soins.
Le choix d’une solution désinfectante ne peut se limiter à des critères pratiques : il doit reposer sur une évaluation rigoureuse de l’efficacité microbiologique, sur le respect des normes applicables (EN 14885 et recommandations de la SF2H), ainsi que sur la prise en compte des conditions réelles d’utilisation, notamment le respect du temps de contact.
L’attention portée à des micro-organismes particulièrement résistants, tels que le papillomavirus humain (HPV), souligne l’importance d’une preuve d’efficacité spécifique et scientifiquement validée.
Prendre en compte l’ensemble de ces paramètres lors du choix d’un désinfectant pour les dispositifs semi-critiques, tels que les sondes endovaginales, est essentiel pour garantir la sécurité des patients et la qualité des soins.

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